Le monde connecté et les approches interculturelles : vers un nouveau paradigme des frontières ?

 

 

 GLAT 2021 : 5, 6 et 7 mai 2021

 LE MONDE CONNECTÉ ET LES APPROCHES INTERCULTURELLES : VERS UN NOUVEAU PARADIGME DES FRONTIÈRE

Faculté de Lettres, Université de Murcie (Espagne)

13èmeCongrès International du GLAT sous la responsabilité scientifique de Catherine Sablé (Groupe de Linguistique Appliquée - IMT Atlantique, Campus de Brest), de Mercedes Eurrutia Cavero (Groupe de Linguistique Française Générale et Appliquée - Université de Murcie) et de Elena Baynat (Institut Interuniversitaire de Langues Modernes Appliquées – Université de Valence, Espagne)

Depuis les approches phénoménologiques, on sait que nous co-construisons la réalité avec nos perceptions, nos appréhensions du monde. Le monde est-il ce que nous percevons ? En effet, notre capacité de perception est, à de nombreuses reprises, conditionnée par des facteurs qui déterminent notre conception des choses, des personnes, de l'espace, du temps. Nos relations sociales, nos processus de culturalisation, les progrès technologiques et la consommation du contenu médiatique nous ont amenés à générer des processus d'apprentissage social qui nous déplacent culturellement.

À la suite des progrès technologiques et des mutations des sociétés contemporaines, nous vivons dans une époque où d'une part, une nouvelle perspective se dessine vers une société interculturelle qui affirme la nécessité des normes et d'un langage communs, basée sur la reconnaissance de la diversité culturelle, sur l'ouverture de différents ensembles culturels et sur l'acceptation du changement. Une société, d'autre part, où les technologies de l'information et de la communication ont pris une place décisive, notamment dans le domaine de l'apprentissage et de l'acquisition de la compétence interculturelle, c'est-à-dire, de la « manière d'analyser la diversité culturelle » (Meunier, 2007).

Dépassant la simple comparaison et/ou l'identification à un autre groupe culturel, l'interculturel bâtit des passerelles entre les cultures dans le but d'un échange et d'un enrichissement mutuel, tout en ouvrant une nouvelle perspective : celle des regards croisés.

En effet, le concept de compétence interculturelle présuppose des connaissances et des savoir-faire d'ordre linguistique mais également d'ordre social et/ou anthropologique qui rajoutent à la notion de culture une dimension beaucoup plus ample. L'individu y est situé en tant qu'être social qui excède le simple statut de produit de sa culture pour en constituer l'un de ses principaux acteurs ; langue et culture deviennent, dans ce contexte, le « lieu de mise en scène de soi et d'autrui » (Abdallah Pretceille, 1999). Que devient cette mise en scène dans ce monde connecté en permanence, c'est-à-dire passant toujours par une médiation comme « processus de transformation [...] produit sur les comportements [par] le dispositif technique » ? (Burton et al., 2011) ?

Actuellement, un regard porté sur des terrains multiples qui ont vocation ou qui, tout simplement, apparaissent comme des vecteurs idéaux de formation interculturelle nous poussent à constater que la société interculturelle, pour reprendre le titre de Verbunt (2005), est ambigüe. Ainsi, ces mêmes espaces médiatiques qui favorisent les relations interculturelles, qui permettent la construction d'une culture globale, -on pense aux nombreux projets européens (formation, recherche), aux nombreuses collaborations économiques internationales- qui semblent également favoriser les manipulations idéologiques. L'interculturel devient violence, rappelant en cela les propos de Demorgon :
« L'interculturel volontaire ne peut ignorer qu'il est lié à l'interculturel factuel. Celui-ci, pacifique ou violent, ... » (2003 : 45). L'interculturel demeure-t-il interculturel dès lors qu'il aborde ce visage de la fermeture à l'Autre, dès lors qu'il se complaît, sans les interroger, dans les « évidences invisibles » ? (Carroll 1991).

C'est à travers les discours dans les médias, dans les réseaux sociaux, dans les espaces de formations variés, appréhendés comme micro-société interculturelle que cette question pourra être abordée. La notion de frontières est ainsi à repenser face à ce monde globalisé virtuel qui traverse le temps et l'espace et qui peut mener, à la fois à l'ouverture et à la connaissance/reconnaissance de l'autre, mais aussi à la création de nouvelles frontières/barrières par exemple les groupes mondialisés qui se retrouvent au nom de la haine de l'autre. Des discours exprimant des couples a priori contradictoires semblent ainsi émerger lorsqu'il s'agit d'interculturel : global face au local, internationalisation/hybridisation, etc. L'objectif du GLAT 2021 est, en définitive, d'interroger, dans une approche interdisciplinaire et plurilingue, ces espaces connectés qui favorisent le commun des diversités afin de comprendre quels représentations et paradigmes sur l'interculturel et les relations à l'Autre, ces espaces cherchent à développer.

Pour cette 13ème édition du colloque international du GLAT, une table ronde s’ajoutera aux conférences et communications.

Les communications pourront s'orienter autour des 5 axes thématiques suivants :

AXES THÉMATIQUES

I.   Linguistique Appliquée et TIC : nouveaux échanges interculturels
II.  Interculturalité et TIC : nouvelles approches linguistiques et littéraires
III. Dialogue interculturel et TIC : Lexicologie, terminologie et lexicographie
IV.  Vers une nouvelle didactique des langues et des cultures au moyen des TIC
V.   Approche sociologique, anthropologique, culturel dans un monde connecté

IMPORTANT :

Etant donné la situation sanitaire actuelle, nous envisageons plusieurs scénarii pour la tenue de notre colloque :

1. Scénario mixte (présentiel/virtuel) : possibilité de suivre le congrès en présentiel

(à la Faculté des Lettres de Murcia) ou en virtuel (suivi des séances en direct ou en différé).

2. Scénario virtuel : toutes les séances retranscrites par visioconférences.

Les tarifs ont été revus selons ces scénarios. Vous les trouverez à la rubrique TARIFS.

BIBLIOGRAPHIE D'ORIENTATION

  •  ABDALLAH-PRETCEILLE, M. (1999). L'éducation interculturelle. Paris, PUE.
  • AMOSSY, R. et A. HERSCHBERG PIERROT (1997, 2011). Stéréotypes et clichés. Paris, Armand Colin, 3è éd.
  • BALANSKAT A. & ENGELHARDT K. (2014). Computing our future priorities - school curricula and initiatives across Europe. Bruxelles, European schoolnet, octobre.
  • CARROLL, R. (1991). Evidences invisibles: Américains et Français au quotidien. Paris, Seuil.
  • DEMORGON, J. (2003) « L’interculturel entre réception et invention. Contextes, médias, concepts »,
  • Questions de communication, 4, 43-70.
  • De GIOIA M. (2012), « Discours de médiation(s) », Pratiques communicatives de la médiation, Colloque international, Université de Padoue, Italie, 6-7 décembre 2012, Berne, Peter Lang, 13-38.
  • DESCHRYVER N. et B, CHARLIER (coord.) (2014). « Les dispositifs hybrides dans l'enseignement supérieur: questions théoriques, méthodologiques et pratiques » in Éducation et formation, mai, n° e-301, 161-172.
  • GARROTE ROJAS, D.; ARENAS CASTILLEJO, J.A. et JIMENEZ FERNANDEZ, S. (2018). « Las TIC como
  • herramientas para el desarrollo de la competencia intercultural », EDMETIC, Revista de Educación Mediática y TIC, 7 (2), 166-183. Doi: http://doi.org/10.21071/edmetic.10543
  • LAMEUL G. et C. LOISY (sous la dir.) (2014). La pédagogie universitaire à l'ère du numérique : questionnement et éclairage de la recherche. Louvain-la-Neuve, De Boeck.
  • MATTELART, A. (2005). Diversité culturelle et mondialisation, Paris, La Découverte.
  • MEUNIER, O. (2007). Approches interculturelles en éducation, Paris, Institut National de Recherche Pédagogique.
  • PERAYA, D. (2000). « Le cyberespace: un dispositif de communication et de formation médiatisées ».
  • Cyberespace et formations ouvertes. Vers une mutation des pratiques de formation, 17-44.
  • RASSE, P. (2005). La rencontre des mondes. Diversité culturelle et communication. Paris, Armand Colin.
  • SABLE, C.et GOURVES-HAYWARD, A., (2017), « La médiation pédagogique : un atout dans la formation des ingénieurs », in Greciano, P. (Dir.), La médiation dans un monde sans frontières. Paris, Mare & Martin, 75-90.
  • SARRE, C. (2008). "Les plates-formes de téléformation dans l'enseignement/apprentissage des langues: pour un choix raisonné. Recherche et pratiques pédagogiques en langues de spécialité". Cahiers de l'Apliut, 27(3), 48-69.
  • UYTTEBROUCK, E., FONTEYNE, G., D'HAUTCOURT, F., TEMPERMAN, G., DEDOVER, C., et J.-B.CAMBIER
  • (2009). « Usages et logiques d'appropriation des forums dans des contextes universitaires diversifiés » in DEVELOTTE, C., MANGENOT, F. et E. NISSEN (éd.). Échanger pour apprendre en ligne : conception, instrumentation, interactions, multimodalité. Grenoble : Université Stendhal.
  • VALLUY, J. (2012). « Vers une pédagogie numérique à l'université ? Compte-rendu et discussion de l'ouvrage TIC et métiers de l'enseignement supérieur et de la recherche - Émergences, transformations (nov. 2011) », Recueil Alexandries, Collections Recensions, http://www.reseau- terra.eu/article1234.html

 

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